Histoire du Village d'HIPSHEIM
 Vue sur le village de Hipsheim depuis la Scheer |
| Situation géographique
Le village de Hipsheim est situé à l'écart de la route nationale entre Erstein et Fegersheim. Son approche est signalée par la vénérable église Saint Ludan située à proximité de cet axe de communication. La superficie de son ban est de 452 ha. Les villages limitrophes sont au nord : Ichtratzheim. Cette limite est naturellement formée par la rivière Scheer , le Schlossgraben, près de l'ancien château d'Ichtratzheim, puis le Eichmattgraben et enfin un ruisseau nommé Kleine III. Au sud, vers Nordhouse la limite traverse les terres fertiles de la plaine d'Erstein et au delà de l'Ill des prairies et forêts. A l'ouest c'est la Scheer qui délimite le ban avec Limersheim . A l'est nous trouvons le village d'Eschau Wibolsheim. Il existe trois anciens chemins qui desservaient les villages voisins. La rue actuelle de Nordhouse donne accès à ce village à travers champs, de même le prolongement de la rue des Alisiers aboutissait en traversant la Scheer sur " le Steeg '' à Ichtratzheim. Le dernier chemin important traverse l'Ill près de la limite avec Nordhouse et dessert les terres à l'est de l'Ill et aboutit au village de Plobsheim.
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Aperçu historique
Le village apparaît au cours de l'histoire dans les documents écrits sous les noms suivants : Hyppeneshaim en 728 dans les archives de l'abbaye de Murbach. Dans celle de Fulda en 788 sous Hibodeshaim ; en 828 villa Hibodesheim; Ipfinsheim en 1238; Hipfensheim en 1266; Hupfensheim en 1311; Hipphensheim en 1411; Hippensheim en 1330 et au 17° siècle Hibsheim et Hipsenheim. Le comte du Nordgau Eberhardt fait don à l'abbaye de Murbach du village de Hipsheim en 728. Au temps de l'apogée de la puissance des comte de Werde au 11° siècle Hipsheim faisait partie des possessions du Landgraviat de Basse Alsace. En 1233 le comte Henri de Werde donne à son épouse Elisabeth de Monfort en compensation de la dot de 600 marcs en argent tout le village d'Ipsenheim avec tous ses revenus, toutes ses dépendances et tous ses droits. Les descendants des Rheingrafen se partagèrent le village en trois lots : Le premier tiers passent en 1399 à la famille Kageneck qui le possède encore en 1761. Le second tiers passe en 1460 au Bapst de Bolsenheim ce lot est partagé en deux soit 1/6 au Berstett qui l'avait toujours au 18° siècle, l'autre sixième au Lutzelburg puis à la famille Franck et enfin à Fr. Joseph Burger, prévôt d'Erstein. Le dernier tiers passe à la famille de Landsberg en 1651 puis est cédé à la famille Braun de Strasbourg. L'église paroissiale, commune aux villages, de Limersheim et Ichtratzheim a pour patron St Georges mais c'est St Ludan qui a pris le relais depuis le moyen âge grâce au tombeau de ce saint conservé dans la nef de l'église. En 1666 le troisième patron était St Léodogar (Léger) une influence de l'abbaye de Murbach. L'église, lieu de pèlerinage a été détruite pendant la guerre de trente ans en dehors du clocher massif. La reconstruction de la nef date de 1723. Comme l'église était éloignée du centre du village et qu'il fallait trouvé une solution pour installer une horloge au plus près des maisons, la communauté avait fait construire en 1584 une tour sur la place près de l'actuelle chapelle. Ce bâtiment existait encore en 1856. La chapelle St Wendelin au centre du village existe depuis 1724. Le bâtiment actuel datent de 1866. - En 1720 il y a 34 feux soit environ 153 personnes - En 1766 pour la même cause on note 38 feux soit 171 corvéables - Ensuite la population augmente progressivement jusqu'à atteindre 450 habitants en 1831. Population qui restera stable jusqu'au début des années 90 pour être aujourd'hui à 800 habitants.
Qui est Saint Ludan ?
Que cherchait-il, Ludan, fils du prince Hildebold dont on retrouve aussi le nom à l'Abbatiale d'Andlau, pour venir mourir le 12 Février 1202 à Nordhouse, à quelques kilomètres de l'Eglise-Mère Saint Georges ? Il avait quitté sa lointaine patrie, l'Ecosse, après s'être dévoué là-bas au service des malades et y avoir construit hôpitaux et orphelinats. Au fil des années, livré aux fatigues envahissantes sur les pistes caillouteuses des campagnes, pauvre et mendiant comme tant d'autres, il avait sillonné l'Europe de Saint Jacques à Rome, puis sans doute jusqu'à Jérusalem. Au retour de ce long pèlerinage, il se couche, épuisé, sous un tilleul non loin du village Nartz (aujourd'hui Nordhouse) pour y mourir. Comme le veut la tradition et comme on peut le découvrir sur un tableau du 18ème siècle dans le chœur de l'Eglise Saint Ludan un ange descendît du ciel et lui apporta dans la solitude enneigée le Saint Viatique, corps du Christ Ressuscité. Alors - selon l'ancienne tradition- les cloches des églises avoisinantes se mirent spontanément en branle pour sonner le glas. Les habitants accoururent en foule pour entourer le corps. Sur le tableau anonyme de 1760 on peut suivre le déroulement de la translation du corps telle que la tradition nous la relate. On y voit, à droite, les curés des deux paroisses de Nordhouse existant alors - Saint Martin et saint Michel- se disputant le droit de sépulture dès lors qu'on avait découvert dans sa besace son origine princière. L'Abbé de la célèbre abbaye d'Ebersmunster arbitra le conflit et conseilla d'atteler un cheval indompté à un char qui conduirait le corps du saint là où devait être sa sépulture. Le cheval s'arrêta à la Scheerkirche, au bord de la rivière du même nom, connue aujourd'hui sous le nom de Saint Ludan. Histoire et traditions L'existence historique de Saint Ludan et sa mort le 12 Février 1202 semblent indiscutables, ainsi que sa sépulture près de l'Eglise de la Scheer. Ainsi, il est fait mention d'une terre sise à côté « du champ de Saint Ludan » dans une charte de 1336 qui a pour objet la vente des biens de l' Abbaye d'Erstein.
Le Relais Postal
A l'ouest de l'Eglise Saint Ludan, se trouve une belle maison à colombages qui fonctionne actuellement comme un Institut médico-éducatif. Mais jusqu'à la fin du 19ème siècle, cette maison abritait un relais de poste avec son monde à part. A une époque où les relations et les déplacements étaient limités et parfois difficiles, le Relais était une fenêtre ouverte sur les grands espaces et sur la grande vitesse allant jusqu'à 15 kilomètres à l'heure. Dans le Relais, le maître de poste était le responsable et il en était parfois même le propriétaire. Jusqu'en 1725, il achetait sa charge au Surintendant Général des postes. A partir de 1725, le brevet était délivré gracieusement par le roi. Comme l'administration royale avait pour principe de favoriser les équipes en place, on a assisté alors à l'apparition de véritables dynasties de maîtres de poste.
|  saint-ludan et relais postal |
On découvre ainsi au cimetière d'Hipsheim, au côté nord de l'Eglise, les tombes et les pierres tombales de la dynastie des WALDEJO, maîtres de poste. Le maître de poste assurait le relais des chevaux, mais il est aussi à la disposition des voyageurs et des transporteurs : hébergement, restauration, entretien du matériel défaillant... C'est donc un véritable monde qui vit et s'agite au relais. On y rencontre les postillons avec leurs uniformes et leurs plaques numérotées, le personnel de l'auberge, de l'hôtellerie et de la ferme ainsi que tous les métiers utiles: maréchal-ferrants et palefreniers, charrons capables de réparer les roues, bourreliers ou selliers chargés de la maintenance de l'extraordinaire variété d'objets en cuir indispensables à la traction des lourds véhicules. La malle-poste pouvait emmener en plus du courrier jusqu'à 5 voyageurs. Celle de Strasbourg à Lyon était à quatre roues, et tirée par un attelage de cinq chevaux. Elle atteignait la vitesse de 8 kilomètres à l'heure. Le trajet jusqu'à Lyon durait 36 heures, avec les arrêts indispensables pour le changement des chevaux. On peut voir ainsi, au Musée des Postes de Riquewihr, une malle-poste améliorée qu'on appelait une Turgotine (d'après le contrôleur général Turgot qui avait amélioré la diligence). Cette belle maison qui jouxte l'Eglise Saint Ludan et résonne des chants et des jeux d'enfants heureux, nous fait rêver aux temps lointains où cinquante mille voitures et camions ne troublaient pas encore le silence de la campagne.
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